Le Web De
Bertrand Méheust


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Bertrand Méheust est docteur en sociologie. Il se consacre à l’histoire de la parapsychologie et mène une réflexion épistémologique sur les tabous de la connaissance.



AU LECTEUR



 J’ai  toujours été intéressé à la question écologique,  depuis la Gueule ouverte de Fournier au début des années soixante-dix. Mais  je n’avais, jusqu’à l’automne 2007,  jamais écrit une ligne sur cette question, me  contentant d’y réfléchir et de me documenter. Jusqu’au fameux Grenelle de l’environnement de l‘automne 2007. Le déferlement suspect de l’écologie dans les médias m’a alors donné le sentiment pénible que le néo libéralisme moderne était en train de tenter de récupérer  l’écologie, qu’ il avait  d’abord écrasée de son mépris, avant d’y voir une source de profit, en même temps qu’une menace grandissante. J’ai été frappé par un précédent: la façon avec laquelle le mesmérisme, d’abord banni par l’Académie de médecine en 1842 après un demi siècle de conflits, fut récupéré par la médecine positiviste sous l’impulsion de Charcot. Cette analogie structurale m’a suggéré l’idée d’un processus de régulation affectant les sociétés modernes. Mon idée de base, extrêmement simple, est que toutes les sociétés persévèrent dans leur être et qu’elle s’efforcent par tous les moyens de métaboliser ce qui les menace. Si ces vues sont fondées, alors le Marche ira jusqu’au bout de sa logique, avec tout ce que cela implique.

J’ai alors commencé à jeter mes idées sur le papier, moins, au début,  dans l’idée de faire un livre, que pour clarifier mon intuition. Mais le texte m’a embarqué, et il en a résulté un livre intitulé La politique de l’Oxymore.
Le livre en question, malgré ou à cause de son pessimisme méthodique, connaît en ce moment un certain succès, sans doute parce qu’à la différence de mes autres ouvrages, toujours décalés, il est en résonance directe avec l’actualité.

Mais cette incursion dans le domaine de l’écologie  n’est qu’en apparence éloignée de mes sujets habituels. Je tenterai plus tard  de  montrer que c’est chez les théoriciens du mesmérisme que l’on rencontre les précurseurs de l’écologie, et qu’il y a une profonde cohérence dans ce conflit qui affecte la société occidentale depuis plus de deux siècles.





Le succès de la politique de l’Oxymore ne me fait pas perdre de vue mes autres livres, qui n’ont pas bénéficié de cette promotion. J’invite le lecteur à se reporter à mon enquête sur Alexis Didier ( Un voyant prodigieux, Le Seuil, 2003) et à mon essai sur Aimé Michel, Le Veilleur d’Ar men, in L’Apocalypse molle, Aldane, Genève, 2008, deux textes auxquels je tiens beaucoup et qui jusqu’à présent sont relativement passés inaperçus. Sans parler de la réédition de Science-fiction et soucoupes volantes ( Terre de brume, 2007).

Bertrand Méheust

Chirongui ( Mayotte), avril 2009.


Le 21 Octobre 2009, B.M. s'est rendu à l'université d'automne du WWF. Vous trouverez ICI le texte de son allocution, et voici une interview réalisée par Arte à cette occasion :




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